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Chronique des débats de l'été 2017

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Chronique des débats de l’été 2017, couvent St. François de Vico

L’Association des amis du couvent St. François de Vico a cette année encore organisé les débats de l’été au mois d’août 2017.

Le public a été assez nombreux, en moyenne une trentaine de personnes : 25 personnes au début, et jusqu’à 50 personnes lors du sujet traitant de la crise des déchets dans le Pumonte.

Ce public est composé d’un groupe de fidèles (une quinzaine) assistant à tous les débats au fils des années, auquel s’adjoignait un public variant selon le thème abordé. Un regret : peu de gens viennent des villages ou de Vico pourtant tout proche. Trois explications possibles : la concurrence avec de nombreuses autre sollicitations ( fêtes, bals, repas familiaux les vendredis soir d’août ), la difficulté de rentrer au village à une heure tardive de la nuit, une publicité insuffisamment répandue.

Les échanges avec les intervenants ont été riches et donnant sens au terme «  débats ».

Les soirées ont honoré deux thèmes :

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  • - Le thème environnement, en insistant sur l’écologie : 3 débats ;
  • - Le thème société/ spiritualité : deux débats.

Pour ce qui concerne le thème environnement et écologie, lors du premier  débat, Mme. Marie-Antoinette MAUPERTUIS, présidente de l’Agence du  Tourisme pour la Corse, a montré comment à partir des années 1980, le nombre des touristes n’a cessé d’augmenter, passant en 35 ans de 2 millions  à plus de 3 millions d’estivants, soit 10 visiteurs  pour 1 habitant. Ce qui place la Corse, en proportion juste derrière les Baléares ( .12 estivants versus 1 habitant). Or la Corse n’était pas préparée tant sur le plan des infrastructures que culturellement à un tel tourisme de masse, concentré sur 3 à 4 mois, avec le summum du 15 juillet au 25 août. Le tourisme représente 24% du PIB de la Corse. Des pistes de recherche dessinent un avenir plus écologique pour le tourisme en Corse, en particulier l’élargissement de la saison « ailes saisonnières », développement des infrastructures et communications, gîtes ruraux. Le tourisme devait devenir le souci solidaire de tout un chacun, et non pas seulement une rentabilité de locations  saisonnières.

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Le professeur en hydrobiologie de l’Université de Corté, Antoine ORSINI, a présenté avec l’aide d’un diaporama argumenté, les conséquences du changement climatique sur la qualité des eaux douces en Corse, rivières et lacs.  Cet exposé faisait écho à celui de l’an passé concernant l’eau de mer. Alors que la Corse a été jusqu’à présent l’ile de Méditerranée,  la plus riche en eaux, qualité et quantité, du fait de son relief, cette belle harmonie est menacée et même déjà compromise. En témoigne la prolifération des cyanobactéries, dans le barrage de Codole, en Haute Corse, barrage qui est la principale source d’approvisionnement  en eau potable et en eau agricole pour la Balagne. Ces cyanobactéries secrètent des toxines agressives pour la peau, le système nerveux et le foie, ce qui interdit toute baignade. On peut consulter  dans la presse les nombreuses interventions sur ce sujet d’Antoine ORSINI. Le professeur a aussi évoqué plusieurs moyens de lutte en faveur du patrimoine eau, en particulier sur les techniques de culture et d’arrosage, développemnt de la permaculture, sur l’entretien du réseau d’eau.

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Philippe OTTAVI, porte-parole avisé  des associations de lutte pour une gestion écologique des déchets, a présenté l’état actuel de la Crise des déchets dans notre micro région du Pumonte. Il a su, s’appuyant sur  un diaporama très technique et compréhensible, éveillé nos consciences et proposé des solutions. Deux sont simples, applicables immédiatement : transformer les fermentescibles (30 % de déchets) en compost, se soucier d’un tri sélectif et d’un ramassage des ordures porte à porte, Beaucoup de régions de France ont réussi dans ce domaine. Que manque t-il pour le même résultat en Corse : rien sinon la volonté affirmée de chacun d’entre nous et la prise de conscience avec effet concret de la part des politiques et des élus locaux. On est malheureusement loin : aucun maire présent à la soirée, projet d’un gros incinérateur à Ajaccio et un autre à Bastia. Mais une belle note d’espoir : Calvi et son agglomération ont, grâce à une volonté bien affirmée, obtenu des résultats spectoculaires dans la gestion de leurs déchets, tendant au « zero frazu ».

Les débats de société ont été au nombre de deux.

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  • - François NATALI  a présenté un historique des rites funéraires en Corse, depuis le néolithique - sépulture de la dame de Bonifacio – jusqu’à nos jours. Il nous a rappelé que la création du premier cimetière en Corse date de 1823, à Bonifacio. La résistance à l’ensevelissement dans les cimetières par une bourgeoisie aisée ou de simples particuliers est à l’origine de la construction des tombeaux. Certains sont des œuvres d’art architecturales, en particulier dans le Cap Corse. La mort reste en Corse l’affaire d’une communauté et non pas une seule histoire familiale ou individualiste.  En témoigne encore jusqu’au début du vingtième siècle les funérailles couvertes par les chants des pleureuses, et actuellement  la succession chronologique du glas, de l’avis de décès, de la visite au défunt soit à l’espace funéraire soit chez lui, la messe d’obsèques qui rassemble le village, parents et amis, l’accompagnement au cimetière. La pratique de l’incinération reste rare, autour de 3 % en 2013, contre une moyenne de plus de 30% en France. Mais l’ouverture des 2 funérariums à Bastia et à Ajaccio, à partir de 2013, modifiera certainement les pratiques funéraires. Dominique COLONNA, professeure au lycée de Sartène qui nous avait faire vivre l’an passé les moments forts du Catenacciu dans sa ville, a raconté en seconde partie de soirée  quel était le rôle spécifique des pleureuses au cours des enterrements. Elle nous a également plongés dans l’univers  des rites magico religieux de la Corse, en particulier le mazzerisme, et la granitula.dbats8.17.3
  • - La dernière soirée nous a offert un dialogue passionnant entre  Gaston PIETRI, prêtre et écrivain, cheville des débats de l’été, « celui qui croyait en Dieu », et Jacline GUERRINI, professeure de philosophie au lycée de Bastia, ayant eu une solide formation religieuse catholique, devenue «  celle qui ne croyait plus en Dieu ». Sampiero SANGUINETTI  a animé avec finesse ce débat tout empreint d’amitié de part.et d’autre.   Il n’est pas loisible de rapporter ici les arguments solides de chacun des intervenants. Nous invitons les personnes intéressées à lire leur livre écrit à deux voix, accessible autant sur le plan intellectuel que par le prix modique de 12 euros. Voir notre analyse de l’opus dans Inseme du mois de mai 2017.

       Nous espérons pouvoir continuer les débats de l’été en 2018, avec une équipe de bénévoles renforcée.

                       François NATALI, pour le comité d’organisation père Gaston Pietri , Lucien DELFINI.

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